jeudi 28 avril 2011

Et maintenant un peu d'exercice !

Exerce-toi à l'absolu
En t'y prenant à l'instant.

Exerce ton désespoir
A faire du sentiment
Dans ta mémoire.

Exerce ton désir
En le démasquant.

Exerce toi à fuir
Fidèle en te restant.

Exècre tous ceux
Qui te tirent vers le bas.

Exerce ton pouvoir
Dans le renoncement.

Exerce ton courage
A devenir le héros
De ta propre histoire.

Marie-France.

Dans les années 70
Toutes les filles de 25 ans
S'appelaient Marie-France.
Elles étaient belles, libres, et indépendantes,
Elles avait toutes un travail entre deux trains de banlieue
Courtes étaient leurs jupes et longue leur espérance de vie,
Même si elles s'envoyaient des clopes par paquets.
Leur sourire était l'horizon à atteindre
Au lance-pierre de leur petite moue désinvolte.
Et bien que certaines d'entre elles eussent été cruelles
- Ou inconscientes du mal fait comme une fleur trop fragile -
L'avenir de leur beauté s'appelait :
Intelligence.

Francis Poulenc.

Le soleil fait couler
De l'après-midi
En toi
Sur la pelouse
Des jardins
Du conservatoire
Francis Poulenc.
Ton rendez-vous
Avec les ténèbres
Attendra.

vendredi 22 avril 2011

L'anniversaire manqué.

à Claire Pilisi.

J'ai oublié que ton anniversaire revenait toutes les années
Et donc je l'ai manqué
Comme un bus scolaire qui ne vient plus te chercher
Pour t'emmener à Notre Dame de Verneuil
Ou au Corbusier.
J'étais dans les nuages et dans la tarte au riz
De monsieur Brousmiche, meilleur pâtissier de Lens,
En Belgique sur la route entre Mons et Ath.
Autrefois : Jean et Jacqueline, et puis le précédent pâtissier,
Jean,  en traversant la route s'est fait écraser.
C'est ce qu'on m'a raconté.
Un désastre humain et pâtissier.
Il faisait les meilleures tartes au riz du Hainaut Occidental,
Monsieur Brousmiche a repris sa recette,
Et lui rend hommage chaque jour,
En se gardant bien de traverser cette maudite route
Et en continuant à faire les meilleures tartes au riz qui soient.
Elles ont la clarté, le fondant et l'onctuosité des nuages
Dans lesquels Jean doit se reposer.
Je t'aurais bien apporté une tarte au riz pour ton anniversaire,
Mais ils n'en font pas en France,
Et le fait qu'il n'y ait plus de frontières n'a même pas profité
A la pâtisserie il me semble.
Juste aux petits escrocs qui font leur business jusqu'aux Pays-Bas,
De jour comme de nuit dans leurs puissantes automobiles,
Comme c'est triste tout ça.
Je suis encore plus triste d'avoir manqué ton anniversaire
J'essaierai de me rattraper, vite,
Plus vite que le temps qui passe
Comme un bus scolaire qui marque les arrêts.
On y revient toujours sans revenir en arrière
C'est le principe inquiet
Des anniversaires.

L'après-midi d'un galion.

Pour échapper au soleil écrasant
Pas de meilleure issue que de suivre
Les jambes hautes et fraîches
D'une fille qui remonte
Sa mini jupe et la rue de Grenelle.
Arrivant à hauteur du magasin de jouets
Au Lotus qui fait l'angle
Avec la rue Amélie,
Je vois dans la vitrine un superbe galion.
Que faire ? En quelles vitrines aborder ?
Le magasin de jouets a raison de mon coeur,
Je plonge vers le galion, cruauté de toutes pièces,
La fille disparait pour toujours.
Un désir qui ne vaut pas un magasin de jouets.

Pensée conviction.

Tant que son travail vaut
Son pesant de cacahuètes,
Il est plus poli de faire le singe
Pour le présenter au public.

lundi 18 avril 2011

Week-end.

Gibecq et son église, la perle du Hainaut,
Aimait dire mon grand-père conduisant son auto
Non loin de la ville d'Ath se trouve le château
De Beloeil
Où Charles-Joseph de Ligne appelé aussi Charlot
- Qui loin d'en être un - jouait les Roméo
Revenant de défaire les Prussiens à Breslau
Régnant sur un empire composé de bons mots
Il aurait bien souffert d'un siècle sans héros
Où la postérité jouxte le lavabo
Pendant que moi je vise le volant le plus haut
Jouant au badminton vraiment comme un manchot
Cherchant pour ma musique un ou plusieurs mécènes
Mais j'ai peur que ce soit un dimanche au galop,
Comme à la porte d'Auteuil,
Où dans la sixième course au moins deux des chevaux
Portent des œillères dites à l'australienne.

vendredi 15 avril 2011

Toi puissance eux.

Ta nuque dégagée
N'entre jamais en collision
Avec tes soupirs.
Le champagne t'aide
A faire des sauts de cabri
Dans la notoriété.
Commettre des larçins
Dans des vitrines de lassitude
Telle une fille de la nuit.

jeudi 14 avril 2011

Evénements mémorables pour peu qu'on s'y arrête.

Dans un blouson de cuir elle tirait sur sa clope, métro Jaurès.
Ne pars pas, ne pars pas, encore un tour, je reste.
Une volute de fumée voyage en première classe.

Perdu dans mes rêveries je n'ai pas reconnu Agnès
Beauté d'un safari fantôme que dans son répertoire
Morgan pourchasse.
Un peu de ville encore.
Le désir prend de court, de court et de vitesse,
Et quant au désespoir
Dans la jungle du temps il déglutit un laps.

Pendant qu'Edi Casabella dérouille un Angel Hell's,
A l'école de batterie
Marjolaine s'ennuie en frappant sur Texas.

mercredi 13 avril 2011

Rouge en écriture.

Veste de velours grenat
Bottines assorties
Blue-jean gris
Une mèche de cheveux (plutôt courts)
Tombe sur son beau visage
Divine lourdeur des joues
- Lourdeur sans conséquence -
Autour des lèvres : moue boudeuse !
Direction Boulogne, midi cinquante trois, elle
Descend comme moi, église d'Auteuil.
Durant tout le trajet elle a rougi
En écrivant des textos.